L’eau douce est indispensable à toute forme de vie sur la terre, et elle constitue l’élément fondamental pour les activités humaines et le fonctionnement des écosystèmes; le développement socio-économique et la sécurité environnementale d’une nation en dépendent. Dans les décennies à venir, aucune autre ressource renouvelable ne pourra se montrer aussi critique que l’eau, au regard des besoins environnementaux et sociétaux. Le défi stratégique pour l’avenir est, par conséquent, celui de garantir l’eau en quantité et qualité suffisante en vue de satisfaire les demandes concurrentielles croissantes pour les besoins domestiques, industriels, commerciaux, agricoles et environnementaux.

Le Bassin du Congo est situé en Afrique et est partagé par neuf pays riverains. La gestion des ressources en eau dans le Bassin du Congo est confrontée aux problèmes de manque de données et de ressources techniques, ainsi que l’ampleur des leurs corolaires. Ceci constitue une entrave à la formulation des stratégies adéquates de gestion, nécessaires au développement des ressources en eau, ainsi que pour faire face aux impacts d’ occupation de terres et de changement climatique.

Il existe des preuves qui attestent que l’état des ressources en eau dans le Bassin du Congo est en train de se dégrader. Nos institutions semblent avoir une capacité limitée à gérer ces ressources en eau et à fournir des services adéquats. Les demandes en eau pour soutenir la croissance socio-économique continuent d’augmenter, bien que les services de qualité pour y répondre soient largement à la traîne. Ces demandes ne sont pas seulement attendues de neuf pays riverains, mais aussi d’autres régions de l’Afrique en pénurie d’eau. A partir d’une étude sur les opportunités de recherche en hydrologie dans le Bassin du Congo (http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/2016RG000517/full), les auteurs ont proposé une série d’hypothèses de recherche qui correspondent à des questions majeures de la dynamique des ressources en eau dans ce bassin. Ces hypothèses concernent: la source de l’eau de la Cuvette Centrale et la façon dont cette eau quitte la zone humide, l’écoulement généré par les pluies historiques, le lien entre le changement climatique et la relation pluie-débit générée par la «ceinture de pluie tropicale», la déforestation et la production d’énergie hydroélectrique, ainsi que la quantité de carbone émise par les eaux du Congo. Cette étude a illustré des exemples d’un éventail des problèmes liés aux ressources en eau qui touchent pratiquement la région du Bassin du Congo et pour lesquels des solutions scientifiquement efficaces doivent être trouvées. Pour faire face aux problèmes des ressources en eau susceptibles de surgir dans les prochaines décennies, les gestionnaires et les décideurs à tous les niveaux devront faire des choix éclairés d’actions à mener. Ces choix sont mieux effectués avec le plein bénéfice de l’information scientifique qui aide dans la conception des solutions innovantes.

Bien que la complexité et la gravité des problèmes des ressources en eau ne font que s’accroître, les investissements nécessaires dans la recherche scientifique pour développer une meilleure compréhension de ces ressources font cruellement défaut; et le peu d’investissements existants ne sont pas orientés de manière adéquate. En effet, il n’y a pas de processus coordonné pour prendre en compte les besoins de recherche sur les ressources en eau, les hiérarchiser à des fins de financement, ou évaluer l’efficacité des activités de recherche dans ce domaine. Il n’y a pas non plus de structure en place pour analyser les programmes de recherche générés par divers groupes d’experts tels que celui sur la réalisation des Objectifs de Développement Durable (cible 6).

Comme illustré dans la figure ci-après, sur les résultats de recherche dans le secteur de l’eau en Afrique pour la période 2006-2010 (Source: GIZ, 2013), il ressort que l’Afrique centrale qui couvre la majeure partie du Bassin du Congo, est la moins étudiée comparativement aux autres régions d’Afrique.

Face aux difficultés historiques de mettre en œuvre un programme efficace de recherche sur les ressources en eau, il est dès lors impérieux de concevoir un mécanisme pour répondre à ce besoin. Eu égard à tout ce qui précède, il est nécessaire de créer un pôle de recherche pour soutenir les stratégies de développement des ressources en eau dans le Bassin du Congo. C’est dans ce contexte que le Centre de Recherche en Ressources en Eau du Bassin du Congo (CRREBaC) a été créé.

Ce besoin de la création de ce centre fait aussi suite à la volonté de pérenniser les acquis des travaux de recherche liés à la récente expédition scientifique sur l’Hydraulique et la Morphologie pour les Usagers du Fleuve Congo (CRuHM), menée de Juillet à Septembre 2017 par le consortium des chercheurs des Universités de Kinshasa en RDC, Dar es Salaam en Tanzanie, Rhodes en Afrique du Sud, et Bristol et Leeds au Royaume Uni (Figure ci-dessous). Ces acquis sont notamment les équipements de collecte de données (les Enregistreurs Automatiques de Niveau d’Eau, les Echantillonneurs Automatiques de Sédiment -ISCO-) installés à différents endroits le long du bief moyen du fleuve Congo et de la rivière Kasaï, qui nécessitent le suivi et la maintenance. La mise en place du centre devrait aussi permettre d’étendre ces investigations et approfondir la connaissance scientifique sur d’autres biefs du fleuve Congo.

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